On le constate de plus en plus, il n’y a pas qu’une manière de faire du cloud et de consommer des ressources et des services informatiques dans le réseau. Suivant en ce sens le...
On le constate de plus en plus, il n’y a pas qu’une manière de faire du cloud et de consommer des ressources et des services informatiques dans le réseau. Suivant en ce sens le grand public qui le pratique depuis des années sans souvent le savoir – messagerie, agenda, stockage de ses données mobiles… -, les TPE et certaines PME adoptent désormais les services en cloud : pour leur messagerie web et les outils de collaboration, pour la vidéo et la web conférence, pour l’annuaire partagée et la VoIP – l’IP Centrex n’a-t-il d’ailleurs pas été la première déclinaison du Cloud ? Plus récemment, ces petites entreprises ont aussi adopté le Cloud, la virtualisation et le Saas pour des solutions de bureautique, de RH et de relation client. Les applications métier, elles, restent encore du domaine de l’expérimentation car elles concernent un aspect beaucoup plus sensible pour les PME et plus délicat à externaliser. Quant aux grandes entreprises, la donne est sensiblement différente. Même en considérant l’agilité et les bénéfices escomptés, la question centrale n’est pas tant d’adopter ces fonctions supports et de consommer des services à la demande fournis par des tiers mais de repenser tout ou partie d’une offre qu’elles ont mise près d’un demi siècle à construire en interne pour la traduire en environnement cloud. Les briques existent, l’offre d’hébergement et les innovations dans les datacenters sont légion, les infrastructures, les plateformes et les applications « as a service » se déploient. Tout est technologiquement prêt mais le passage à l’acte est plus lent car le basculement vers le cloud est perçu comme un grand saut dans l’inconnu qu’il faut baliser au plus juste pour ne faire peser aucun risque sur l’entreprise : le bénéfice économique tant vanté du modèle locatif à la demande sera-t-il au rendez-vous ? Les règles de sécurité et de gouvernance au coeur de la culture de l’entreprise seront-elles assurées ? La disponibilité 24/7, les performances quelles que soient les variations de charge seront-elles celles que promettent les fournisseurs ? Et que dire des affres de la migration, de la perspective de devoir réécrire des pans entiers d’applications ou de se retrouver pieds et poings liés avec un tiers ? Mêmes interrogations concernant l’infogérance dans le cloud (où sont situées mes données dans le nuage, dans quel pays, avec quelle garantie, avec quel risque social ou naturel associé à ce lieu, etc.) et la réversibilité des données en cas de changement de fournisseur parce que la maîtrise du transfert d’une partie de son SI à un tiers en fait une condition sine qua non. Autant de questions qui se posent aux grandes entreprises et pour lesquelles les réponses sont encore partielles. Car après l’aspect financier et budgétaire, celui qui concerne la sécurité et le processus de réversibilité, c’est bien l’absence de référentiels, de normes et de bonnes pratiques pour juger entre eux les contrats et les services de cloud qui freine les décisions. Interpellés sur le manque d’interopérabilité de leurs infrastructures s’appuyant encore trop sur des solutions propriétaires et sur une lisibilité trop complexe de leurs prestations, certains offreurs réagissent (fédération autour d’OpenStack, par exemple, sur des standards open source). Reste aussi les questions de criticité des applications à faire ou à ne pas migrer, et la réorganisation structurelle que le cloud appelle. Un point s’impose sur les freins et challenges qui demeurent autour du cloud.
Animateur :
Eric MONTAGNE,
SMARTWIPCLUB
Intervenants :
Christophe GUILLARME,
Directeur Informatique, AB TELEVISION
Hervé DELION,
Head of Internal IT, BUYIN PRO
Frédéric CHARRON,
Secrétaire, CESIT
Fatiha HAMMADI,
IS Strategy Leader & Information Officer, WABCO
Philippe DESMAISON,
Directeur technique, SUSE